LE CONTREPLAQUE MARINE

Ce petit article n’a pas la prétention de de vous faire connaître sur le bout des doigts les méandres de l’exploitation forestière ou de la normalisation. Mais, simplement de vous apporter un point de vue documenté par ce que j’ai pu trouver comme informations et qui m’ont semblé pertinentes…
Tout d’abord, il faut savoir que le contreplaqué « Marine » ne désigne pas un matériau bien précis, mais plutôt une gamme de produits plus ou moins résistants en extérieur ! La plupart des personnes qui en vendent n’en sont pas consommateurs/utilisateurs…

Effectivement, vous trouverez sur le marché des contreplaqués (aussi appelés CP ou CTP) dits « marines », seulement parce qu’ils sont assemblés avec des colles résistantes à l’eau (WBP : water boiled proof). Et cela,sans prendre en compte la composition (essences de bois utilisées) et la méthode de fabrication des panneaux (tri des plis en qualité et épaisseur).
Pour permettre de s’y retrouver des normes sont apparues. Parmi elles, la plus reconnue, mais aussi la plus « piratée » est celle de la Lloyd’s. Célèbre compagnie d’assurance fondée au 17ème siècle. Au fil de son évolution, celle-ci a créé le premier organisme de certification ayant pour mission d’évaluer la qualité de construction ou de conservation des navires. Naturellement l’activité s’étendit à la normalisation des matériaux et techniques de construction. La norme qui nous intéresse est la BS1088 qui impose un cahier des charges strict pour la fabrication du contreplaqué Marine.
Concernant les bois, de nombreuses essences, principalement exotiques, permettent de faire du contreplaqué répondant aux exigences de la norme BS1088. Il leur faut au moins une bonne résistance aux champignons tel qu’énoncé dans la norme BS EN 350-2 . Les plus connues sont l’Okoumé, l’Acajou, le Meranti, le Teck… L’Okoumé est de loin le plus représenté, c’est pourquoi nous ne nous attarderons pas sur les autres productions plus confidentielles.

OKOUME (Acoumea klaineana)

L’Okoumé est un bois qui a la particularité d’être tendre, résistant, droit et léger. Ses qualités lui sont reconnues par les pays occidentaux dès le début de son exploitation. C’est en effet au terme du 19ème siècle que Schultz, Consul d’Allemagne, expédie à Hambourg une bille d’okoumé pour essais. Deux siècles plus tard, l’Okoumé est toujours l’une des principales références mondiales pour la fabrication des contreplaqués.
Le Gabon, qui pendant de nombreuses années n’a vendu que des grumes brutes a « repris la main » sur sa forêt. Désormais, il gère durablement l’exploitation (FSC) et en réalisant le sciage et le tranchage. Le Gabon ambitionne d’ailleurs que l’ensemble de ses concessions forestières soient FSC d’ici à 2025. Je n’ai pas réussi à confirmer ou infirmer mais il semblerait que la certification FSC n’autorise que l’abatage de 3 Okoumés par hectare tout les 25ans!

NORME BS1088

Il serait indigeste de retranscrire l’intégralité de la norme BS1088 et elle est protégée par le droit à la propriété intellectuelle. Voici donc un résumé dans ses grandes lignes de cette norme avec les points qui nous semblent les plus importants.

Qualité des plis :

Pour les faces :

  • Épaisseur minimale de 1mm (pour les CP>4mm)
  • Maximum 6 nœuds (petits) par m²
  • Pas de fentes
  • Pas de réparations
  • Couleur homogène

Pour les plis intérieurs :

  • Épaisseur maximale 4,8mm
  • Petits nœuds sains accepté
  • Maximum 3 réparations <60mm par m²

Fabrication du panneau :

  • Plis posés à 90°
  • Minimum de 3 plis pour les CP<6,5mm d’épaisseur
  • Minimum de 5 plis pour les CP>6,5mm d’épaisseur
  • Collage des plis symétrique par rapport au pli central (épaisseur, essence ,fil…)
  • Pas de cavité, bosse, pli, chevauchement…

Essences autorisées :

  • -Tout bois naturellement résistant aux champignons selon norme BS en 350-2

Collage :

  • -Soit colle mélamine-formaldéhyde contenant suffisamment de résorcinol (ou autre phénol) pour fournir une liaison qui peut répondre au test de colle spécifié dans la norme BS EN 314-1
  • Soit colle phénolique

Marquage sur le panneau :

  • -BS1088-1:2003 et le mot MARINE
  • Épaisseur nominale
  • Nom du fabricant
  • Pays de fabrication
  • Type de panneau standard ou léger (S ou LW)
  • Essence utilisée

Voici à quoi doit ressembler ce marquage obligatoire :

BS 1088-1:2003, MARINE/6mm/MX/FR/LW/OKOUME

RECONNAITRE LE « VRAI »CONTREPLAQUE MARINE BS1088

Comme indiqué plus haut la norme de la Lloyd’s est allègrement usurpée.Voir une inscription Lloyds BS1088 sur un panneau de CP ne doit pas suffire à vous convaincre qu’il répond bien à toutes les exigences de la norme. Rien de plus facile que d’apposer un tampon sur un simple contreplaqué CTB-X et de le vendre 20 ou 30 % plus cher pour du « Marine » certifié.
Nous ne remettons aucunement en cause l’honnêteté des revendeurs ou importateurs de bois qui se fournissent en Asie du sud-est. Alléchés par des tarifs qui ne cachent souvent que la piètre qualité de fabrication des panneaux. Parmi les plus gros problèmes rencontrés, on peut citer :

  • -Épaisseur mini/maxi des plis non conformes
  • Présence de cavités/manques sur certain plis
  • Présences de zones délaminées (décollées)

Sans faire de prosélytisme, faites plutôt confiance aux revendeurs spécialisés se fournissant en France ou en Europe plutôt qu’aux grandes surfaces de bricolage. Si vous choisissez un CTP BS1088, essayez d’en connaître la provenance et demander le certificat de la Lloyd’s qui doit être en possession du fournisseur. Méfiez vous des offres trop alléchantes.

NOTRE CONTREPLAQUE MARINE 100 % OKOUMÉ BS1088

En tant que vendeur spécialisé en Contreplaqué Marine certifié BS1088,de consommables et d’accessoires destinés à la construction amateur et à la construction de bateaux en kit, nous tenions à être le plus transparent sur nos propres produits.

Nous pouvons vous garantir un contreplaqué 100 % Okoumé « Made in France » fourni par le plus grand fabricant Français. Bien évidement, répondant à la norme ’’BS1088 LR Type Approuval Certificate’’. C’est un CP Marine de grande qualité, multi-plis (plis minces : plus nombreux pour une épaisseur donnée ex : 5 plis pour le 6mm), d’épaisseur homogène et sans défauts.

Il est important d’être sûr de la qualité des matériaux employés lors de la construction d’un navire.

Tout d’abord, vous allez probablement y consacrer de nombreuses heures, il serait dommage de limiter la qualité et la durée de vie de votre travail par économie ; d’ailleurs mineure à l’échelle du budget global.

D’autre part la rigueur de fabrication des CTP certifiés BS1088 se justifie par l’usage qui va en être fait. La construction d’un bateau destiné à naviguer avec des personnes à bord n’est pas à prendre à la légère. Les mers et océans ne sont pas toujours des endroits très hospitaliers et , malgré toutes les précautions que vous pourriez prendre (météo, équipement de sécurité, cartes marines…), nous ne somme jamais à l’abri d’une mauvaise surprise. Un coup de vent soudain ou un rocher à fleur d’eau. C‘est là que se fera la différence, pour encaisser (ou non!) l’imprévu, entre une embarcation bien construite, avec des matériaux de qualité et celle assemblée à l’économie, avec des contreplaqués et résines bas de gamme.

Nous pourrions comparer la mer au ciel. Il ne viendrait à l’esprit de personne de construire un avion avec des Contreplaqués « économiques »… Nous avons bien conscience que dans la majeur partie des cas, les bateaux construits à partir de nos contreplaqués ne seront utilisés que sur des périodes assez courtes et dans des conditions qui leur sont adaptées mais mieux vaut il être paré à affronter les aléas…

Bonne construction et bonne navigation !

4 réflexions sur “Le contreplaqué Marine”

  1. Briffard Jean-Michel

    Bonjour
    Article très intéressant. J’aimerais me lancer dans un tour du monde à la voile et notamment aller en patagonie. Je regarde les bateaux aluminium mais Je me demandais si un bateau en CP epoxy pourrait encaisser les tempêtes du Sud? Et le bateau serait il plus lourd qu’un bateau aluminium? Je sais qu’un couplé belges est allé jusqu’en patagonie avec un rm 1050 je ne sais s’il s ont pu continuer ensuite.
    Si je souhaite me lancer dans une construction amateur seriez vous en mesure d’offrir des services et lesquels ? Je pense bien sûr à la découpe bois et assemblage mais aussi étanchéité par epoxy ou autre ainsi que la réalisation de l’aménagement intérieur
    En vous souhaitant une bonne journée

    1. Bonjour,
      Tout d’abord, je vous remercie pour votre retour sur l’article, il y en aura d’autres , mais c’est très long à écrire…
      Concernant vote projet, je n’ai pas de référence fiable pour vous orienter. Par contre, en construction amateur, il s’agit de « sur-mesure » et votre projet sera adaptable à votre cahier des charges. Le mieux est bien sûr de se rapprocher d’un architecte naval qui pourra répondre à vos questions et créer ou adapter un dessin selon vos choix. Une fois les plans réalisés, il sera en mesure de vous fournir les fichiers de découpe. Avec ceux-ci, nous pourrons découper le contreplaqué marine constituant la coque et les aménagements intérieurs. Nous sommes aussi en mesure de vous fournir la résine epoxy, les tissus (verre, carbone, aramide…) et les charges nécessaires à l’assemblage de votre futur bateau.
      N’hésitez pas à revenir vers nous.

    1. Bonjour
      Je vous confirme que ce contreplaqué est tout à fait adapté à la fabrication d’un safran. Selon la taille de celui-ci, vous pouvez superposer plusieurs couches pour arriver à l’épaisseur désirée et éventuellement prévoir une stratification extérieure.
      Bonne construction !

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